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Épuisée par les heures supplémentaires, elle a voulu en finir

“C’est de pire en pire, on n’en peut plus !” Combien de temps les médecins, chefs de service, infirmières, aides-soignantes de l’hôpital public vont-ils tenir ? Urgences débordées, patients parfois mal soignés et mal traités : le personnel est à bout. Il dénonce un hôpital de plus en plus soumis, selon lui, à la loi du marché, aux contraintes de budget et de productivité.

Selon certaines études, le risque de décès aurait augmenté de 5% les jours où les services sont saturés. “Envoyé spécial” a rencontré une infirmière qui accepte de raconter pourquoi elle a craqué et tenté d’en finir, épuisée après neuf jours de travail non stop.

Un reportage de Julie Pichot et Baptiste Laigle.

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Epuisée par les heures supplémentaires, elle a voulu en finir : une infirmière se confie dans “Envoyé spécial”

Mourir de soigner les autres… c’est ce qui a failli arriver à Pamela Ramez. Quand elle est arrivée aux urgences, la jeune infirmière était pourtant heureuse de réaliser sa vocation de toujours. Elle s’occupait alors quotidiennement d’une vingtaine de patients. Un nombre multiplié par quatre en quelques années, des heures suppplémentaires qui s’accumulent, jusqu’à cette journée qu’elle raconte dans le magazine du 12 avril 2018.

“Le 16 décembre, je fais ma journée comme d’habitude, commence Pamela. Et, je ne sais pas pourquoi, mais je sais que je vais mourir ce jour-là. Je sais que c’est ma dernière journée. Donc j’ai pris une seringue avec de l’insuline que j’ai mise dans ma poche.”

“Et là, j’ai pensé à ma fille”

“Et ensuite, poursuit-elle, j’ai l’impression d’avoir été un robot. Je suis descendue aux vestiaires, j’ai pris ma douche. Je me suis injecté l’insuline, et j’ai attendu.”

Injectée à haute dose, l’insuline est mortelle. Pamela sait qu’elle peut faire un arrêt cardiaque en quelques minutes. L’infirmière commence à se sentir mal. “Et là, j’ai pensé à ma fille, confie la jeune femme, au bord des larmes. Je me suis dit qu’elle ne méritait pas de ne plus avoir de maman.” Cette pensée la force à remonter aux urgences et à tout avouer à ses collègues, qui la prennent en charge aussitôt. “Ils m’ont sauvé la vie”, dit-elle aujourd’hui, encore très émue.

 

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